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Les Religions orientales dans le paganisme romain

Franz-Valéry-Marie Cumont

CUMONT (Franz) Les Religions orientales dans le paganisme romain. Paris, Librairie orientaliste Geuthner 1963, 336 et 16 planches hors-texte ; rééd anastatique de la 4e édition (1929) On se réjouit de posséder nouveau ce grand livre.
 
CUMONT (Franz) Les Religions orientales dans le paganisme romain. Paris, Librairie orientaliste Geuthner 1963, 336 et 16 planches hors-texte ; rééd anastatique de la 4e édition (1929)

On se réjouit de posséder nouveau ce grand livre. Certes notre connaissance des religions orientales est accrue dans le détail, au hasard des trouvailles archéologiques et épigraphiques, depuis un tiers de siècle (en particulier sur le culte de Mithra auquel est consacré Martin Vermaseren). Mais l'oeuvre de Cumont demeure, à la relecture un modèle inégalé. Ces conférences qu'il donna au Collège de France dès 1905 sont une admirable leçon histoire religieuse, se gardant de la tentation facile d'extrapoler en des parallèles séduisants mais non fondés (ainsi la militia Christi et le service des divers dieux orientaux). Certes, l'on peut sourire maintenant d'une certaine forme expression de jugements de valeur portés (tel cet épithète de sauvage alors que nous parlerions plus volontiers de culture archaïque, sinon primitive ; ou bien de fâcheux égarement pour définir les diverses prostitutions divines des cultes syriens), mais rien, au fond n'a vieilli, de son analyse lucide, pénétrante, de la réalité religieuse de l'Empire romain, au IIIe et Ive siècles. Cumont a eu le grand mérite de montre qu'au plan religieux l'orientalisation de l'Empire n'était pas le facteur de décomposition que depuis Gibbon l'on invoquait avec mépris ; et que l'évolution religieuse du monde antique s'inscrivait dans une évolution générale, économique, politique, artistique dans laquelle l'Orient tendait à être la source de richesses, d'émotions, de représentations religieuses, comme il l'était de blé, de métaux, d'hommes et d'idées philosophiques. Par l'étude minutieuse (on admire encore l'érudition des longues notes dont il ne voulait pas alourdir un texte écrit dans une belle langue d'honnête homme) des cultes venus d'Asie Mineure, d'Egypte, de Perse et de Syrie, en confrontant sans cesse les textes, trop rares, qui nous sont parvenus, avec les témoignages iconographiques et épigraphiques, Cumont montrait comment tous ces cultes issus d'un fétichisme « grossier » évoluaient vers une métaphysique souvent astrale, vers une théologie eschatologique, comment ils ont contribué à ce passage d'un polythéisme ancien à un monothéisme solaire, préfigure, en un sens, du monothéisme chrétien, et qui constitue l'élément essentiel de cette nouvelle religiosité du IIIe siècle. Tout ce matériel rassemblé peut encore fournir des thèmes d'études fructueuses (je songe à une analyse des procédés psycho-somatiques si fréquents dans tous ces cultes ou à un examen plus approfondi de la théurgie), mais l'essentiel est dit dans ces pages qu'on ne se lasse pas de lier et de méditer.

M. M.

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