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Mithras-Orion. Greek Hero and Roman Army God

M. P. Spiedel

'...breaks new ground in the fields of Greek and Roman religion and Roman army studies.' Bibliographie zur Symbolik, Ikonographie und Mythologie, 15, 1982. 'This brief study makes some genuine contributions...' Robert A. Wild, S.J.
 
'...breaks new ground in the fields of Greek and Roman religion and Roman army studies.'
Bibliographie zur Symbolik, Ikonographie und Mythologie, 15, 1982.

'This brief study makes some genuine contributions...'
Robert A. Wild, S.J., The Second Century, 1982.

http://www.brill.com/products/book/mithras-orion

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Michael P. Speidel, Mithras-Orion. Greek Hero and Roman Army God. Leiden, E. J. Brill, 1980, 24 x 16, vin + 56 p., 1 frontispice, 8 fig. dans le texte, 1 illust, sur pi. h. t., 1 index. Prix : 28 florins. EPRO t. 81.

L'auteur de cet ingénieux mémoire veut que le mythe grec d'Orion soit à la base même du mithriacisme romain. Il part d'une interprétation astronomique de la tauroctonie. Les éléments de cette imagerie cultuelle correspondraient à la série des principales constellations qui se trouvaient au long de l'équateur vers 100 av. J.-C, entre le Taureau et le Scorpion : Orion (= Mithra), le Petit Chien, l'Hydre (= le serpent), le Cratère (sous le Lion), le Corbeau, l'Épi (de la Vierge)... Orion a le bras droit orienté au nord et le bras gauche au sud. Or Porphyre nous dit que Mithra a le nord à sa droite et le sud à sa gauche !

Mais pourquoi identifier Orion avec Mithra ? Quel rapport a donc le héros grec avec le dieu iranien ? C'est un chasseur, ennemi du scorpion (comme Mithra). Fils de Gê (comme les géants), c'est un héros solaire en ce sens qu'il retrouve la vue face au soleil levant. Certes. Mais Gê n'est pas la pierre : Mithra est « pétrogène », et non pas fils de la Terre. Il n'est pas victime du scorpion, comme Orion dont la constellation s'enfonce sous l'horizon, quand se lève celle de son meutrier !

Astronomiquement, Orion est sous le Taureau dont il « retient le bas du corps » (Cic, Aral., 103) : il n'a rien d'un tauroctone. Sur les peintures et bas-reliefs mithriaques le corbeau n'est pas à côté du cratère, comme dans le ciel. En revanche, le serpent y avoisine bien le cratère, mais celui-ci est aussi accosté du lion qui, dans le ciel, est loin au-dessus. Sur les stèles d'Heddernheim, de Rückingen, d'Osterburken où le zodiaque couronne la scène, on ne voit pas que les épis sortant de la queue du taureau figurent sous la Vierge, ni le chien (= Canis Minor) sous le Cancer et les Gémeaux, comme il se devrait, s'il y avait adéquation intentionnelle ou même approximation allusive. J'ajoute que ni le Bélier (en dehors du cercle zodiacal), ni la Licorne (Monoceros) n'ont la moindre place même symbolique dans la tauroctonie proprement dite. Les motifs de cette iconographie n'y forment pas une séquence explicitement « equatoriale ».

Du reste, aucun texte mithriaque ou relatif au mithriacisme n'assimile Orion à Mithra. L'auteur fait valoir (p. 39 sqq.) une petite vache en bronze (Musée de Damas) dont le socle porte une dédicace à Orion : mais quel rapport avec le mithriacisme ? Une vache n'est pas un taureau, et même tous les taureaux ne sont pas mithriaques.

Reste l'astrologie. Orion passait pour présider à la geniture des gens instables, ambulants, qui se déplaçaient officiellement ou professionnellement : soldats, officiers, fonctionnaires, commerçants, hommes d'affaires - chez qui précisément se recrutaient les mithriastes. Mais cet horoscope passait aussi pour mauvais, conformément au mythe grec. On comprend mal qu'il ait pu être retenu comme symbole religieux majeur. Et puis tous les mithriastes - même ceux qui se déplaçaient beaucoup - n'étaient pas nés sous le même signe : pourquoi auraient-ils tous reconnu l'ascendant de cette constellation ? Enfin, prendre dans la mythologie grecque un héros aveugle et vaincu (par le scorpion !) pour l'équivalent du deus invictus eût été, de leur part, un choix vraiment bizarre et paradoxal.

Quant à l'exégèse astronomique ou astrologique de la tauroctonie, la tentative et la tentation n'en sont pas nouvelles. Mais aucune des explications proposées n'est pleinement satisfaisante.

Robert TURCAN

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