Mithraic relief from Baris
TNMM 284 ↔ CIMRM 25
Stone relief (H. 0.80 Br. 1.00). Was in the house of a Greek at Isparta around the year 1910, was afterwards lost, and has only recently be refound. At present in the collection of the "Maison du Peuple" at Isparta (Halkwi).
The relief was thought to be a representation of Mithras as a bullkiller; it is, however, a Victoria tauroctone, as Louis Robert kindly informs me (Ct. Nilsson, Gr. Rel. II, 643 and PI. 16, 1, CRAI 1948, 401).
Au centre de la plaque on voit le Mithra tauroctone, revêtu de son costume oriental habituel, tunique serrée à la taille par une ceinture, pantalon couvrant les jambes jusqu’aux chevilles et bonnet phrygien sur la tête, mais le dieu, au lieu du manteau habituel, est pourvu de deux grandes ailes naissant des épaules. Un tenon qu’on aperçoit au-dessus de celle de droite, paraît avoir consolidé la main qui était levée, tenant le couteau dont le dieu se préparait à frapper l’animal abattu. La queue de la bête moribonde se redresse dans un spasme et paraît se terminer par la touffe d’épis ordinaire.
Le taureau, dont le dieu relève la tête en le saisissant, semble-t-il, sous les naseaux, ne paraît être accompagné d’aucun des animaux qui l’entourent généralement en Occident, mais à droite et à gauche à la place des dadophores habituels, se tiennent deux Victoires pareillement ailées, dont une au moins porte une palme.
Devant le taureau on voit un autel, celui qui dans les spelsea est placé d’ordinaire devant l’image du dieu tauroctone, qui occupe le fond de l’abside. Il nous donne la preuve que l’immolation du taureau était conçue, par l’auteur du notre bas-relief comme un sacrifice. Le τρπλάσιος Μίθρας personnifie le Soleil à son lever au zénith et a son coucher, mais ici aux porte-flambeaux ont été substituées deux Victoires associées au « dieu invincible ».
L’autel est décoré d’une guirlande et d’une rosace. L’on y a déposé des fruits, prémices des récoltes que fait croître le dieu de la fécondité ou peut-être des pains entaillés d’une croix, qui étaient consommés après avoir été rompus dans les repas sacrés. Derrière cet autel, l’artiste a voulu, semble-t-il figurer un second thymiatérion, chargé d’un monceau d’aromates qui brûlent, avec la fumée s’élevant de leur partie supérieure. Les autels placés devant l’abside sont au nombre de deux dans beaucoup de mithréums et c’est là une tradition vraisemblablement iranienne.
Ce monument, le seul de son espèce, nous le répétons, qui ait été trouvé en Anatolie, est instructif ou, pour mieux dire, révélateur à un triple point de vue. On a depuis longtemps reconnu que le type de la Niké βουθυτοΰσα, devenu populaire à l’époque hellénistique au point d’être utilisé comme un simple motif d’ornementation, dérivait d’un bas-relief qui ornait la balustrade du temple de la Victoire Aptère ou Athéna-Niké sur l’Acropole d’Athènes. Mais la ressemblance de notre Mithra tauroctone avec ce type est plus surprenante et devient une véritable assimilation. Non seulement il lève le bras qui va frapper la victime au lieu de lui enfoncer le couteau dans le flanc, mais il a gardé, chose à première vue étrange, les ailes de son modèle. Mithra est ici identifié avec Niké, qui est la déesse figurée par ses deux acolytes.
References
MM 229; Saxl 14 and fig. 38; Cumont M. As. Min. 70f and PI. II 1; CRAI 1947303ff and fig. 1.
- Vermaseren, Maarten Jozef (1956) Corpus Inscriptionum et Monumentorum Religionis Mithriacae
- Franz Cumont (1947) Le bas-relief mithriaque de Baris.