Mithréum de Mackwiller
TNMM 68 ↔ CIMRM 1329
J. J. Hatt in CRAI 1955, 405ff; CAAAH 1957, 51ff with figs. gives the first preliminary information concerning the find of a Mithraeum found on the so-called Siltzberg at Mackwiller (section B2). The Mithraeum was constructed about A.D. 150 and next to it there was a small wooden sanctuary for an indigenous well-god. The ground-plan proper of the Mithras sanctuary is still unknown, because it is hidden by a square cella with a vase in the pavement of its floor. The Mithraic monuments, all in the Archaeological Museum in Strasbourg, were found in 1955–1958 under this pavement. These sculptures were destroyed in A.D. 352 by the Alamans.
In 1955, substantial fragments of a large Mithraeum were unearthed in Mackwiller by Jean-Jacques Hatt, archaeologist and director of the Musée archéologique de Strasbourg. The find is still prominently displayed in that museum.
Le Mithraeum de Mackwiller a été construit au milieu du IIe siècle, sous le règne d’Antonin le Pieux, à l’emplacement d’une source déjà adorée par les indigènes. L’école de sculpteurs qui l’a décoré est celle même qui a travaillé au Mithraeum de Strasbourg-Kœnigshoffen. La pierre est aussi celle du Mithraeum de Strasbourg. Le sanctuaire est resté debout, en exercice, jusqu’en 352. A cette date, il a été une première fois détruit par les Alamans, à l’occasion de l’invasion qui avait également entraîné la destruction d’Argent torate.
[…] L’Alsace tordue, partie de la Lorraine rattachée à l’Alsace depuis la Révolution, est connue par sa richesse en vestiges romains. L’un des sites les plus importants de cette région est le village de Mackwiller, où le pasteur Ringel fit, entre 1855 et 1865, des fouilles. Un établissement thermal romain, et quelques murs d’une très grande villa, du type palais, furent alors dégagés.
[…] Les fragments de sculptures appartiennent à plusieurs grands bas-reliefs du culte de Mithra. Nous mentionnerons, parmi les morceaux les plus remarquables, une tête de Mithra adolescent, coiffée du bonnet phrygien, une tête de dadophore, un masque de vent, des morceaux de torses drapés provenant de plusieurs figures de dadophores, des morceaux de serpents, etc…
L’inscription a été gravée sur la partie centrale d’un grand bas-relief figurant Mithra égorgeant le taureau, reconnaissable aux pattes du chien qui léchait le cou du taureau, à la base de la coupe dans laquelle coulait le sang de l’animal, et à un tronçon de serpent resté sur la pierre.
Dans une carrière appartenant à M. Schneider (anciennement Rauscher) de Bust, des ouvriers carriers ont, à Mackwiller, en avril 1955, mis au jour les fondations bien conservées, en gros blocs de grès, d’un sanctuaire de Mithra.
Une fouille méthodique permit de dégager en partie le pronaos, dont le centre était occupé par une vasque, une rigole ayant été aménagée sous le dallage. Une source toute proche, coulant encore actuellement, marque la limite entre le ban de Waldhambach et celui de Mackwiller. Elle paraît avoir été, dans l’antiquité, intentionnellement déviée dans cette vasque.
Le pronaos était en forme d’atrium, la partie centrale du toit était soutenue par des colonnes, toscanes dont des vestiges ont été trouvés lors des fouilles. Les travaux ont permis de faire les observations suivantes : sous le dallage, et dans l’argile verte dominant les premiers lits de grès naturel, nous avons noté les restes d’une conduite en bois de chêne, antérieure à l’édifice de pierre. Le dallage du sanctuaire était surmonté, dans sa partie septentrionale, par les vestiges de trois conduites d’eau, provenant de captages postérieurs à la destruction du sanctuaire.
La fouille a mis au jour, dans la partie septentrionale du pronaos, et principalement à l’emplacement et dans le voisinage des conduites, de nombreux fragments sculptés, un morceau de la base d’un grand bas-relief mithriaque, une trentaine de monnaies éparses, ainsi, qu’un trésor de monnaies du IVe s.
L’analyse en a été faite par mon collègue, J. Schwartz, dont voici les conclusions : ce dépôt, trouvé rassemblé parmi les débris d’un vase en terre, reconstituable, se compose de 404 monnaies, dont 3 seulement sont antérieures à la Tétrarchie (une Julia Domna, un Gallien, un Postume). L’immense majorité date de Constantin et de ses fils ; 105 sont postérieures à la réforme monétaire de 348, parmi lesquelles 15 Magnence, toutes d’imitation barbare. L’analyse du trésor prouve qu’il s’agit d’une tire-lire et la dernière en date des monnaies appartient à la 4e période du monnayage de Magnence, selon Lafîranchi, soit 352. Cette trouvaille nous permet, de dater la première destruction du sanctuaire, qui a été déterminée, sans doute, en 352, par la même invasion des Francs et des Alamans qui détruisit Strasbourg, sous le règne de Constance II.
A la suite de cette destruction du sanctuaire mithriaque, il semble que l’on ait installé, auprès de la vasque, un édifice de fortune, en bois, pour les fondements duquel on utilisa deux autels cassés. Cette dernière installation, qui dura jusqu’à la fin du IVe s., d’après les monnaies découvertes à proximité des autels et non loin de la vasque (Gratien, Valentinien), fut de nouveau incendiée, et, cette fois, définitivement anéanti.
Les rapports entre le mithraeum de Mackwiller et celui de Strasbourg paraissent étroits. Le style des sculptures de Mackwiller est le même que celui des sculptures de Koenigshoffen, bien que la facture en soit nettement plus négligée. Fait frappant, et qui doit être mis en corrélation avec ce que nous écrivons plus haut, la pierre est exactement la même. Ne serait-ce pas là la carrière d’où serait sortie la pierre sculptée pour le mithraeum de Strasbourg? Le sanctuaire de Mackwiller, tout comme celui de Koenigshoffen, peut être daté de 160 ap. J.-C. environ.
References
- Vermaseren, Maarten Jozef (1956) Corpus Inscriptionum et Monumentorum Religionis Mithriacae
- Jean-Jacques Hatt (1955) Découverte d'un sanctuaire de Mithra à Mackwiller (Bas-Rhin).

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