This site uses cookies to offer you a better browsing experience.
Find out more on how we use cookies in our privacy policy.

 
Monumentum

Mithréum d’Angers

The Mithraeum of Angers, excavated during a preventive operation and subsequently dismantled in 2010, yielded numerous objects, including coins, oil lamps, and a ceramic vessel bearing a votive inscription to the invincible god Mithras.
 
The New Mithraeum
8 May 2010
Updated on May 2026

TNMM 199

The excavation and dismantling of the mithraeum took place amid public controversy and criticism from archaeologists and local observers, who warned that no physical trace of the monument would remain once the site was cleared. Despite calls for its conservation or integration into the development, the structure was entirely removed and the site released for private residential construction.


The preventive excavation conducted by Inrap archaeologists and led by J. Brodeur on the former Saint-Louis clinic site, in the area of Saint-Laud station, from November 2009 to September 2010, uncovered the remains of an isolated settlement next to the public road of the ancient area, built in the first years AD. They also discovered some ex voto dedicated to Mithra, written on ceramic, including a Déchelette 72 vase, found in a domus filled-in cellar.

These are proof that a Mithra cult was practised before the late 2nd c. AD in a first mithraeum whose remains are badly preserved. In the middle of the 3rd c. AD, they could identify an overall rebuilding, with the discovery of several carved fragments from a spelaeum whose plan and setting were stereotyped. Its different levels of occupancy revealed characteristic remains from Mithrian banquets, including, among the animals remains, a majority of rooster parts.

This cult, unexpected in this area of Gaul, has been practised from the last quarter of 2nd c. to the early 5th c. AD, when the mithraeum seems to have been deliberately and brutally destroyed. The epigraphic objects excavated in context, not in reuse, except from two of them, includes eight short inscriptions from which seven are related to the Mithra cult. They give invaluable information about the followers of this god who was, until now, unknown in this occidental area of Gallia Lugdunensis.


Au moins dès le IIIe siècle, un bâtiment rectangulaire excavé est installé au nord-ouest du site. Son architecture est celle d’un mithraeum.

À Angers, des tambours de colonnes, peut-être bases d’autel ou socles de statue, émergent.

La fouille des décombres antiques de la rue René-Brémond révèle aujourd’hui des éléments de ces statues peintes : fragments d’un bas-relief du dieu Mithra avec notamment des éléments des dadophores (porteurs de torches) et du miles (porteur de lance), associés à un riche mobilier du IVe siècle.

Le mobilier du Mithraeum

De nombreuses monnaies (environ 200) et fragments de céramiques, ainsi que des lampes à huile complètes, les morceaux d’un rare lustre en terre cuite aux figures de Nubien, une fibule cruciforme en bronze caractéristique des fonctionnaires du IVe siècle, des restes de faune où dominent les os de coqs (met privilégié dans le banquet cultuel), un exceptionnel vase ansé zoomorphe en grande partie conservé sont dispersés à l’intérieur et autour du temple.

Sur un gobelet en céramique sigillée fabriqué dans les ateliers de Lezoux (Puy-de-Dôme), figure une dédicace gravée avant cuisson offerte par un certain Genialis dans la première moitié du IIIe siècle : « DEO [INVIC]TO MYTRH[AE].../...]VS GENIALIS CIVES MA [...]VS EXVOTO D[ .../...]RIBVS OMNIS LOCO OMNIS (...) » : « Au dieu invaincu Mithra,]us Genialis, citoyen de..., a offert en ex voto (ce vase) ».

Un fragment de tuffeau ouvragé, décoré de palmettes, porte dans un cartouche une inscription en grec sur quatre lignes qui a été en partie déchiffrée. Elle indique une dédicace effectuée par un dénommé Theophilos d’origine orientale au profit de Retituitos, nom à consonance gauloise.

La richesse du mobilier, la conservation des vestiges, l’importance de l’épigraphie, l’absence jusqu’à aujourd’hui de découverte de mithraea dans l’ouest de la France offrent aux archéologues de l’Inrap des perspectives de recherche inédites touchant à la fois aux domaines de l’archéologie, de l’histoire de l’art et des religions. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour l’histoire d’Angers et le début de la christianisation au IVe siècle.


Extraits de la presse locale relatifs aux fouilles du mithraeum d’Angers

16 juillet 2010

Anthony PASCO

Daniel Garandeau parviendra-t-il à infléchir la position du groupe Eiffage Immobilier ?

Cet Angevin établi à Avrillé a en tout cas décidé de partir en croisade pour sauver le mithraeum, un trésor qui touche à la fois aux domaines de l’archéologie, de l’histoire de l’art et des religions.

« On va nous voler une partie de notre patrimoine »

Ce temple datant du IIIᵉ siècle, voué au culte du dieu Mithra, était enfoui depuis des siècles sous l’ancienne clinique Saint-Louis. Il a été mis au jour par les techniciens chargés des fouilles archéologiques « préventives » sur ce site voué à l’urbanisation.

« J’ai déjà remué ciel et terre et je vais continuer », promet ce photographe professionnel passionné d’histoire, qui dénonce le manque de transparence qui entoure ce dossier sensible. « Dans le mensuel publié par la Ville, on parle de ces fouilles mais on se garde bien de dire que toutes ces ruines vont être détruites ».

Lors d’une visite du chantier organisée début juin, 1 620 Angevins avaient pourtant manifesté leur intérêt. C’est à eux que s’adresse aujourd’hui Daniel Garandeau : « Réveillez-vous ! Il faut faire quelque chose avant que les bulldozers ne démolissent tout. On va nous voler une partie de notre patrimoine. On est ici en présence de vestiges très originaux, comme ce vase zoomorphe dont il n’existe juste qu’un seul exemplaire, exposé au British Museum. On se plaint souvent qu’Angers ne soit pas assez connue. La ville a là l’occasion de préserver et mettre en valeur un patrimoine exceptionnel et d’améliorer sa notoriété ».

Le temps presse

L’Angevin défend l’idée d’un compromis : Eiffage va raser ce temple pour construire un parking en sous-sol, de façon à densifier au maximum les constructions. Mais cette entreprise n’a pas à détruire ce qui appartient au patrimoine des Angevins, voire de l’humanité. Le sanctuaire est situé entre deux futurs bâtiments. Il peut donc très bien être conservé. Il existe d’autres villes en Europe où on a su construire à côté de vestiges, ou par-dessus, sur pilotis. Le temps presse mais il est encore possible de modifier le projet.

En tournant les talons, Daniel Garandeau croise un technicien. Tenu par le devoir de réserve, ce dernier ne peut toutefois s’empêcher de livrer son sentiment pour soutenir le combat de ce citoyen : « Les gens risquent en effet de réaliser trop tard, à la fin de l’été. Je ne peux vous dire qu’une chose : moi aussi je suis écœuré ».


Le chantier sera lancé en septembre

« L’acte de fouilles est un acte de destruction. Eiffage nous paye pour qu’on libère le terrain. » Selon ce technicien de l’Inrap, l’issue ne fait aucun doute : « Je ne crois plus en la conservation des bâtiments. J’espère au mieux qu’on disposera d’un délai supplémentaire. Ensuite, il ne restera physiquement plus aucune trace. Juste des photos, des dessins et des relevés qui feront l’objet, dans le meilleur des cas, d’une publication scientifique ».

Cette phase qui devait s’achever à la fin de ce mois a d’ores et déjà été prolongée jusqu’en août, et même fin septembre dans le périmètre du mithraeum. Mais plusieurs experts ont jugé cette faveur trop juste. Ils sont en revanche unanimes pour admettre l’impossibilité de conserver le temple in situ. D’abord pour une raison technique : le sous-sol de l’édifice doit à son tour être fouillé. Ensuite pour une question de pertinence : sans moyens conséquents pour les entretenir, « ces lieux se transforment rapidement en poubelle », affirme Nicole Lambert, du Service régional d’architecture.

« Ça n’aurait aucun sens »

Une position qu’approuvent Francis Stephan, directeur du Val de Loire Habitat, et Jean-François Pillet, son confrère d’Eiffage Immobilier Ouest :

« Ça n’aurait aucun sens pour le non-initié. »

« Les villes se sont toujours construites les unes sur les autres. Il s’agit certes d’une découverte enrichissante, mais le but n’est pas d’idéaliser une période de l’histoire, simplement de mieux la connaître ».

Il promet toutefois d’étudier avec la Drac et la Ville d’Angers l’opportunité d’exposer à terme tout ou partie des vestiges découverts sur ce terrain. Le calendrier initial devant donc être respecté. Le promoteur lancera la construction de deux bâtiments en septembre et la commercialisation des deux autres dans les prochaines semaines.


REPÈRES

Déjà neuf mois de fouilles

  • Des fouilles archéologiques ont été engagées en novembre 2009 sur le site de l’ancienne clinique Saint-Louis, près de la gare. Après 125 ans d’activité sur place, cet établissement de santé avait fermé ses portes en 2006 pour rejoindre la Clinique de l’Anjou, quartier Orgemont.
  • Ces fouilles sont réalisées par une vingtaine de techniciens de l’Institut national de recherches archéologiques (Inrap), sur prescription de l’État. Elles se concentrent sur un périmètre de 9 000 m², délimité par les rues Faidherbe, Jacques-Cartier et René-Brémond. Elles sont financées par l’aménageur, Eiffage Immobilier Ouest. Leur coût : environ 1 million d’euros.
  • Deux mètres sous l’ancienne clinique, l’Inrap a mis au jour un temple dédié à Mithra, dieu d’origine indo-iranienne. C’est la preuve qu’un culte concurrent du christianisme, diffusé depuis la Perse dès le Ier siècle avant Jésus-Christ, a existé à Angers jusqu’à la fin du IVe siècle. Il n’existait jusque-là aucune trace dans le Grand Ouest de ce culte réservé aux hommes.
  • Plusieurs centaines de fragments de monnaie, de mobilier et d’objets ont également été exhumés (photos consultables sur Internet : https://www.inrap.fr).
  • Le programme immobilier prévoit sur ces parcelles 185 appartements, répartis dans six bâtiments distincts de huit niveaux maximum, dont 153 commercialisés par le promoteur privé nantais (aux alentours de 3 600 € le m²), le reste par le bailleur social angevin Le Val de Loire, l’ensemble étant aménagé dans « un écrin de verdure ». La livraison de la première tranche du square Saint-Louis est programmée fin 2012.

References

Related monuments

Head of Mithras from Angers Mithraeum

The head of Mithras of Angers has been found a four months after the main relief.

Goblet from Angers

The spherical ceramic cup found at the Mithraeum in Angers bears an inscription to the unconquered god Mithras.

Inscription of Pylades from Angers

This marble plaque from Iuliomagus, Roman Angers, bears a rare dedication to Mithras by Pylades, a slave of an imperial slave connected to the Roman administration in Gaul.

 
Back to Top