Aion of Mérida
TNMM 181 ↔ CIMRM 777
This is part of a series of sculptures of gods who probably formed a sacred group in a shrine or temple. It was found during the building work on the bullring in Mérida in the early 20th century. It represents the oriental god Zervan Chronos, depicted with the head of a lion on his chest and a serpent encircling the god’s naked body. Two holes can be seen on the head for bronze lightning bolts, and the shoulder blades have grooves for inserting two wings, another distinctive feature of this god.
Marble statue (H. 1.75), found in 1902 and 1913. Mus. Merida, Inv. No. 86.
On a round pedestal, a naked Aion in rigid attitude with a curly youthful head. He is entwined by the serpent; the five coils leave the genitalia and the breast, on which a lion's head, uncovered. Against his l. leg a tree-trunk, with a buck's head attached to it. Also in the other leg an affixture is still visible. Both arms are broken off.
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[…] Ses mérites artistiques sont supérieurs à ceux de la moyenne des œuvres, généralement médiocres, qui ornaient les cryptes du dieu mazdéen. Ce paraît être de bonne sculpture romaine. Bien que la tête et les bras aient disparu, l'interprétation de cette figure n'est pas douteuse. Ce personnage nu, debout, les deux jambes rapprochées, entouré par les replis d'un serpent, représente le Kronos mithriaque, la déification du Temps infini, l'héritier du « Zervan Akarana » des Perses. Le reptile qui s'enroule autour de son corps fait allusion, comme l'explique doctement Macrobe, au cours sinueux du soleil dans l'écliptique. Cette image espagnole du Temps divinisé se distingue par une particularité qui ne se retrouve que sur un seul bas-relief, conservé à Modène : le masque de lion qu'elle porte sur la poitrine. Le Kronos mithriaque est ordinairement léontocéphale : c'est la reproduction plus ou moins fidèle d'un vieux type asiatique. Mais les artistes romains répugnèrent à figurer dans toute sa hideur cette idole exotique, ils eurent une tendance à atténuer de plus en plus sa monstruosité, ils finirent même par lui donner une tête humaine et se contentèrent tantôt de faire ramper un lion à ses pieds, comme sur un bas-relief de Strasbourg, tantôt de placer sur sa poitrine un simple masque de lion, comme à Modène et à Mérida.
Je ne distingue pas nettement sur la photographie si quelque attribut est sculpté sur le support placé contre la jambe gauche du dieu. Ce support affecte certainement l'apparence d'un rocher brut : peut-être est-ce la petra genitrix dont Mithra, croyait-on, était née; car, au-dessus de ce bloc rugueux, il me semble reconnaître, attachés à la jambe, les restes d'un buste d'enfant.
Cette naissance miraculeuse est rappelée dans l'inscription qui provient du même sanctuaire et qui mentionne une ara genesis : la formule est nouvelle et curieuse. Elle rappelle une dédicace Naturae dei gravée au-dessous d'un Mithra sortant du rocher sur un monument découvert récemment à Pettau (Poetovio en Pannonie). Natura y a le sens rare de « naissance » et est par conséquent synonyme de genesis. Le pater qui a présidé à la dédicace, C. Accius Hédychrus, est devenu dans l'inscription suivante pater patrum, chef du culte dans la cité d'Emerita. On connaît d'autres exemples de promotions semblables dans des inscriptions relatives à un même dignitaire des mystères.
Ces quelques observations n'empêcheront personne, espérons-le, de consacrer une étude détaillée à cette trouvaille, la plus importante de ce genre, je le répète, qui ait été faite en Espagne. Il serait particulièrement désirable d'obtenir des renseignements précis sur les circonstances de la découverte et sur la disposition du temple ruiné.
References
Cumont in CRAI 1905, 148ff and fig.; Revista di Archivos, 1904, 220f; Paris in AA 1906, 171; RRS IV, 295 No. 6; Leite de Vasconcellos, Religoes, III, fig. 151; Gomez Moreno, Materiales, Pl. XXXII, fig. 37 (all these figures without its head, which was discovered in 1913); Melida in BAH 1914,,450 No. 8 and Pl. V; Cat. Badajoz, No. 1085; Paris in RA XXIV, 1914, 7f No. 7 and fig. 5; Legge in Proc. Soc. Bibl. Arch., XXXVII, 1915, 156 and Pl. XIX, 3; Lianez, Mer., 179 and fig. 60; Leipoldt, XVI and fig. 42; Pidal, Hist. Esp., II, 440 and fig. 248; Garcia y Bellido, Culto, fig. 8. See fig. 211.